Yann Gertsberger

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Sep 3, 2014 1:47PM

Les tapisseries de Yann Gerstberger, composées de filaments de serpillères teintes à la cochenille (un parasite des cactus donnant une couleur rouge intense) raconte un peu de sa vision mixée du monde. « Je fabrique moi-même les couleurs, du coup mon atelier ressemble au labo de Breaking bad : j’ai plein de mélanges chimiques en décoction ! » Touche à tout, fan d’ethnologie, d’art primitif, influencé tant par l’art pré-hispanique des indiens que par la street sculpture de Los Angeles ou l’artisanat hecho a mano (fait main) et débordant de références artistiques pointues, Yann questionne des concepts : « la globalisation de l’esthétique des favelas » par exemple, ou « l’appropriationnisme », sorte de néo-colonialisme artistique. « Je me demande comment faire référence à des cultures dont je ne viens pas. » Les réponses sont en partie dans les questions… Et dans ses oeuvres : sorte de laboratoire abstrait aux multiples entrées où se croisent les BD du Chilien Jodorowsky et l’architecte égyptien Hassan Fathy mais aussi objets de récup’, tapis berbères, peinture tahitienne, masque mexicain des 70’s, clopes, skate et parts de pizza.

Jeanne la Prairie