Hans Schlottheim, ‘Nef automate dite "de Charles Quint" (Mechanical galleon of Charles V)’, c. 1580, Musée national de la Renaissance

Les empereurs allemands ont accueilli et soutenu une pléiade de savants, mathématiciens et astronomes dont les découvertes donnaient lieu à la fabrication de prototypes destinés
à leurs collections de scientifica. En marge de ces travaux est développé le goût pour de savants automates dont la ville d'Augsbourg se fit la spécialiste grâce aux talents réunis de ses horlogers et de ses orfèvres.
La nef du musée national de la Renaissance est l’un des automates de table les plus élaborés qui nous soient parvenus. C’est un galion à trois mâts, armé de canons dont l’un se cache dans la figure de proue en forme de dragon. Sa vaste coque en laiton doré est ciselée d’ornements et, sous la ligne de flottaison, de monstres marins émergeant des flots. Sur le pont, l’empereur Charles Quint trône sous un baldaquin, devant lui défilent trois hérauts suivis par le cortège huit princes électeurs reconnaissables à leur bonnet d’hermine ; dix trompettes, un tambour et un timbalier forment une haie ; des marins postés sur les hunes et le pont observent la fanfare. La coque du navire ne dissimule pas moins de sept mouvements qui commandent le cadran au pied du grand mât, déclenchent la sonnerie des heures et des quarts et animent les bras des marins situés sur le mât. Des mécanismes musicaux actionnent les trompettistes et le timbalier, provoquant la rotation de la plateforme des électeurs, le salut de chacun d’eux devant l’empereur et le mouvement du bras de celui-ci.
L’un des mystères de la nef est d’être anonyme et sans provenance avérée. On attribue son invention à l’horloger Hans Schlottheim (1544/1547 - 1626), qui travailla pour les ducs de Bavière et séjourna à la cour impériale de Prague en 1586-1587, puis à celle de Saxen 1589 et 1593. Des galères artistiques de Schlottheim figuraient autrefois dans les collections de Rodolphe II. Cette nef, qui célèbre la puissance navale et politique de l’empereur Charles Quint, était peut être l’une d’elles.

About Hans Schlottheim

Hans Schlottheim was a skilled goldsmith, clockmaker, craftsman, and above all, mechanic. Little is known of Schlottheim’s training other than that he spent some time in the workshop of Jeremias Metzger, and that he was a travelling watchmaker. During his career, the royal courts and upper classes had a surging interest in automated machines and clockwork automata, particularly as centerpieces for banquet tables and entertainment for guests. Schlottheim was a popular producer of these automatic decorative objects; many of his surviving and best known works are in the shapes of galleons. Schlottheim’s pieces had been known to feature vignette scenes populated by animated figurines, music-producing mechanisms, hourly chimes, and firing miniature cannons, in addition to mechanisms that displayed the time.

German, 1547-1625